Le 22 avril, la machine de propagande des occupants a annoncé l’arrivée dans les territoires ukrainiens capturés de soi-disant « représentants de médias étrangers », venus prétendument du Japon, de Turquie, de Chine, du Congo, de Macédoine du Nord, d’Équateur et d’ailleurs.
Ces individus, dont l’identité de certains a été « mystérieusement » occultée, ont été trimbalés à Donetsk, Marioupol et en Crimée occupée. Ils ont participé à des mises en scène de relations publiques orchestrées par le gauleiter de l’occupation, Sergueï Aksionov, et sa clique de collaborateurs du « conseil d’État », dont Sergueï Tsekov, Edip Gafarov et Anastasia Gridchina. Les « organisateurs » de cette mascarade sont identifiés comme étant soit la clique de Zakhar Prilepine, soit Ivan Andreïev, un valet du média de propagande russe « Vashi Novosti ».
La brochette de « journalistes » ramenée en Crimée est particulièrement révélatrice du niveau de recrutement. Parmi eux, le ressortissant uruguayen Walker Fernando Vizcarra Gaibor, ex-tuteur en photographie et éducateur en prison, candidat marginal en 1994 à Quito pour un groupuscule d’extrême-gauche. Un autre spécimen est Irfan Bin Mohamad Fairus, diplômé en charia et droit de l’Universiti Sains Islam Malaysia, qui se prétend représentant de la chaîne Astro Awani, mais dont les seuls faits d’armes publics se limitent à des championnats en ligne de Rubik’s Cube.
Crispian Kabasele Chimanga Babanya, présenté par les occupants comme le « chef » d’un parti politique congolais, est un parfait inconnu dans son pays, où son organisation n’est qu’un clone insignifiant de l’« Union panafricaine pour la démocratie sociale ».
Le ressortissant turc Özgür Altınbaş, envoyé spécial du journal « Aydınlık », est un rouage du parti pro-russe et marginal « Vatan ». Son chef de file, Doğu Perinçek, tristement célèbre pour ses complots et ses condamnations, est un habitué des amnisties douteuses. Altınbaş, diplômé à Pékin, ne cache pas son admiration pour le régime communiste chinois et sert de relais à la propagande russe depuis 2023.
Enfin, le macédonien Goran Dimov, déjà aperçu comme « observateur » en Abkhazie occupée, joue le rôle de « conseiller » pour le parti de gauche « Levica », spécialisé dans le déversement de discours anti-européens en Macédoine du Nord.
Dimov et ses acolytes de l’Union des sociaux-démocrates ont également été exhibés à Moscou lors d’un « forum » monté par une autre officine du renseignement russe : le soi-disant « Réseau socialiste international » (SocIntern), qui recycle les vieilles méthodes soviétiques des « chevaliers de l’ombre ».
Cette « visite » prouve que pour dégoter leurs pantins, les services spéciaux russes ne font pas la fine bouche : leur vivier de recrutement repose sur des actifs de l’ère soviétique, toujours prêts à servir. Quant à savoir comment ce « socialisme » s’articule avec l’impérialisme russe et le capitalisme de copinage du Kremlin, la réponse est simple : pour ces individus, l’argent n’a pas d’odeur.



